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Cultiver l’unité

Paul Weaver

Lamp and Light | Jun 08, 2026

Summary

Les foyers sont des sources de vie divinement ordonnées. L’humanité a commencé dans une famille, et l’Éden en était le foyer.

Cultiver l’unité (PDF)

Les foyers sont des sources de vie divinement ordonnées. L’humanité a commencé dans une famille, et l’Éden en était le foyer. Le mariage pose les fondations du foyer. Le jour du mariage projette son ombre loin dans l’avenir ; il peut et doit être une ombre de guérison et de bénédiction. Le mariage est l’idéal de plénitude de Dieu et est destiné à apporter la joie. Dieu l’a conçu pour enrichir la vie du mari et de la femme. Il ne veut l’échec d’aucun des deux, mais que les deux gagnent.

Pour éviter l’échec du mariage, son caractère sacré et ses responsabilités solennelles doivent être bien compris et mûrement réfléchis par tous ceux qui souhaitent s’engager dans cette union. Cette union faisait partie de l’intention initiale de Dieu lorsqu’il a créé l’homme. Ce n’était pas un simple arrangement humain. Il n’a pas été conçu par un législateur terrestre. Ce n’était pas une habitude dans laquelle les hommes sont tombés à l’époque primitive. Le mariage est une ordonnance divine. Une réflexion plus sage et plus honnête sur l’union matrimoniale réduirait souvent les regrets et les remords ultérieurs.

En tant que relation, le mariage est la plus intime et la plus sacrée sur terre. La relation entre parents et enfants est extrêmement proche. Pourtant, la relation conjugale est au-dessus de la relation filiale, car un homme doit quitter son père et sa mère, abandonner son ancien foyer avec tous ses liens sacrés et ses souvenirs et s’attacher à sa femme. Les deux doivent vivre l’un pour l’autre. La vie doit être perdue pour la vie. Tout autre intérêt devient dès lors secondaire par rapport à l’intérêt du foyer.

Le mariage, c’est un lien qui ne se rompt pas. Dans son cadre, deux vies s’unissent de manière si forte et si réelle qu’elles ne sont plus deux, mais une seule ; elles sont si proches que seule la mort peut les séparer. Le mariage n’est donc pas un contrat pouvant être annulé par la volonté de l’une ou des deux parties. Après le mariage, on peut découvrir chez le partenaire des traits de caractère ou des habitudes insoupçonnés auparavant, qui peuvent sembler rendre le bonheur impossible. Pourtant, les Écritures enseignent très clairement que le lien, une fois formé, est indissoluble.

Le mariage n’est pas la panacée pour tous les maux de la vie. Il ne mène pas systématiquement à tout ce qui est noble et beau. Si ses possibilités de bonheur et de bénédictions sont grandes, ses possibilités d’échec ne doivent pas être ignorées. Seule une vie conjugale vraiment engagée permettra de réaliser les bénédictions d’une relation conjugale idéale.

Le premier ingrédient pour trouver la bénédiction dans le mariage est de pratiquer la patience aimante. Il faut du temps pour amener deux vies à s’harmoniser parfaitement, de manière à ce qu’elles se fondent en chaque accord et chaque note. Peu importe à quel point ils étaient proches auparavant, aucun des deux ne connaît vraiment la vie de l’autre tant qu’ils n’ont pas rencontré tous les murs qui les séparent et que tous les voiles les plus fins n’ont pas été levés.

Dans la tradition chinoise, le marié ne voyait pas sa future mariée avant qu’elle ne lui soit amenée le jour du mariage, voilée et enfermée à clé dans une chaise à porteurs. La clé lui était remise lorsque la chaise arrivait à sa maison. Il ouvrait alors la porte, levait le voile et voyait pour la première fois son trésor. Chez nous, les mariés ne sont généralement pas des étrangers l’un pour l’autre ; ils se voient assez souvent, mais on peut se demander s’ils connaissent vraiment la vie intérieure de l’autre. Même s’ils n’ont pas l’intention de cacher leur vraie personnalité ou de se voiler, ce n’est qu’après le mariage que leur connaissance devient complète. C’est alors qu’ils découvrent pour la première fois les qualités de caractère et de tempérament de l’autre, mais aussi ses défauts et ses particularités en matière d’habitudes, de goûts et d’humeur, qu’ils ne soupçonnaient pas auparavant. C’est précisément à ce moment-là que survient l’un des plus grands dangers de la vie conjugale. Certains sont déçus et découragés par ces possibilités de discorde et concluent immédiatement que leur mariage était une erreur et qu’il est voué à l’échec. Leur beau rêve est brisé, et ils ne font aucun effort pour le reconstruire. Mais en réalité, tout ce dont ils ont besoin, c’est d’une patience sage et aimante. Il n’y a aucune raison de se décourager, et encore moins de désespérer.

On ne peut pas forcer l’harmonie parfaite en un jour. En fait, on ne peut pas la forcer du tout, elle doit venir tout doucement, peut-être seulement après que plusieurs jours se soient écoulés. Comme lorsque deux rivières se rencontrent, le mélange de deux vies peut être turbulent, avec de l’embarras, de la confusion, des conflits apparents et des chocs entre les vies à de nombreux moments. Parfois, on peut avoir l’impression qu’elles ne pourront jamais se fondre en une seule et que le conflit se poursuivra désespérément pour toujours. Mais avec une patience aimante, les deux vies s’uniront en une seule, plus noble, plus forte, plus pleine, plus profonde et plus riche, et avanceront dans le calme et la paix. Il doit y avoir une adaptation mutuelle, et il faut laisser le temps à cela de se produire. Le devoir essentiel est l’amour désintéressé. Chacun doit s’oublier dans son dévouement à l’autre. L’impatience peut tout gâcher. Un mot dur peut retarder de plusieurs mois le processus de fusion des âmes. Les deux doivent être déterminés à rendre le mariage heureux et à surmonter tous les obstacles qui se dressent sur leur chemin. Une fois qu’ils auront traversé le processus de fusion, même s’il peut être douloureux sur le moment, le résultat sera une vie conjugale empreinte d’une paix profonde, d’une joie tranquille et d’une affection indéfectible.

Nulle part ailleurs dans le monde la courtoisie ne devrait être aussi soigneusement entretenue qu’au sein du foyer. Plus l’amour est tendre et sincère, plus il a besoin des mille petites attentions et gentillesses qui satisfont le cœur. Ce ne sont pas des cadeaux coûteux pour les anniversaires et les dates importantes qui sont recherchés ; ceux-ci ne sont que des simulacres si les jours qui les séparent sont vides d’expressions affectueuses. Entre mari et femme, il devrait y avoir une courtoisie parfaite, la plus douce des attentions, la plus désintéressée des amitiés, la plus grande des affections.

Aucun mariage n’est complet s’il n’unit et ne mélange les vies conjugales à tous les niveaux. Cela ne peut être fait qu’en faisant en sorte que tous les intérêts deviennent communs aux deux conjoints. Que les deux cœurs battent de la même joie et partagent chaque douleur. Que les mêmes fardeaux reposent sur les épaules des deux. Que toute la vie soit commune. Dès qu’un homme commence à exclure sa femme d’une partie de sa vie ou dès qu’elle a des projets, des espoirs, des plaisirs, des amitiés ou des expériences dont elle l’exclut, le foyer est en danger.

Le mari et la femme s’unissent en lisant et en étudiant ensemble la Parole de Dieu, en s’aidant mutuellement à mieux la comprendre. Ils doivent adorer Dieu ensemble, prier côte à côte, communier sur les thèmes les plus sacrés de la vie et de l’espoir, et porter ensemble aux pieds de Dieu le fardeau de leur cœur pour leurs enfants. Pourquoi ne prieraient-ils pas ensemble pour leurs épreuves personnelles, leurs tentations particulières et leurs infirmités, et ne s’aideraient-ils pas mutuellement à être victorieux dans leur vie chrétienne par la sympathie, par une parole courageuse et par l’intercession ?

Bien sûr, c’est trop de responsabilités de se lancer dans la vie de couple sans le Christ. Les leçons sont trop dures à apprendre pour essayer sans un Professeur divin. Les fardeaux sont trop lourds à porter sans un Aide puissant. Les dangers du chemin sont trop nombreux pour être évités sans un Guide infaillible. Les devoirs sont trop délicats et les conséquences d’un échec trop importantes et terribles pour être assumés sans la sagesse et l’aide d’en haut.

Une autre règle pour la vie conjugale est de surveiller le moindre début de malentendu ou d’éloignement. Dans le naufrage de nombreux foyers subsiste le souvenir de mois ou d’années d’une vie conjugale très tendre. Le fossé fatal qui a déchiré le foyer a commencé par une petite différence qu’un mot sage et patient aurait pu corriger. Mais les mots ont été prononcés avec une impatience imprudente, et la brèche insignifiante s’est élargie jusqu’à ce que deux cœurs qui étaient unis comme un seul soient déchirés à jamais. Les éloignements sont rarement le fait d’un seul jour ou causés par une seule offense, mais ils sont le résultat de nombreuses différences passées.

Un mot précipité a-t-il été prononcé ? Excusez-vous immédiatement et demandez pardon. Y a-t-il un malentendu ? Peu importe à qui en revient la faute, ne le laissez pas durer une heure de plus. La vie familiale perd-elle un peu de sa chaleur ? Ne cherchez pas à en connaître la cause ni à déterminer qui est responsable, mais hâtez-vous de retrouver l’ancienne ferveur. Ne laissez jamais un deuxième mot être prononcé dans une querelle. Ne laissez pas le soleil se coucher sur une pensée ou un sentiment de colère entre deux cœurs qui ont été unis.

L’orgueil n’a pas sa place dans la vie conjugale. Il ne faut jamais se montrer hautain ou calculer à qui revient le devoir de s’excuser ou de céder à l’autre. Le véritable amour ne cherche pas son propre intérêt ; il se réjouit de pardonner et de céder.

Il n’y a pas de leçon que les maris et les femmes aient plus besoin d’apprendre que de toujours chercher à se pardonner mutuellement lorsqu’ils sont conscients d’avoir causé de la peine ou commis une faute. L’orgueil, qui ne dira jamais « J’ai fait une erreur, pardonne-moi », n’est pas prêt pour la vie conjugale.

« Deux hommes marchent-ils ensemble, sans en être convenus ? » (Amos 3:3). « Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint » (Marc 10:9).

— Paul M. Weaver

“Cultivating Oneness”
Home Horizons, octobre 2025
Eastern Mennonite Publications

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